Fêtes et traditions

Croyances du jour de l’an

« Dans les Vosges la coutume de décorer les fontaines le premier de l’an est un reste du culte que les druides rendaient aux fontaines et aux eaux en général. Cette coutume a persisté dans les Vosges jusqu’à l’année 1914 environ. Il n’était pas rare de voir les fontaines décorées d’un sapin enguirlandé. Celui qui arrivait le premier à la fontaine après minuit, brûlait un peu de paille au bord de l’auge.  Celui qui puisse de l’eau le premier le jour de l’an sera heureux toute l’année. Cette eau donnée aux bestiaux leur assure santé et vigueur.

Un usage tant en Lorraine qu’en en France (tombé en désuétude), qui se rattache à une vielle superstition des gaulois est celui des enfants qui le premier jour de l’année parcourraient les rues en frappant les portes et criant « au gui l’an neuf ».

À Fraize, Plainfaing et dans les villages de la haute Moselle, on est persuadé que si ce n’est pas une femme qui la première vous souhaitera la bonne année, cela portera malheur pour toute l’année. À la Bresse par contre la rencontre en premier d’une femme ou d’une jeune fille le premier matin du nouveau jour est d’un très mauvais présage. À Saint-Remy, la Salle, Etival si les premiers souhaits sont adressés à une femme par un homme, on peut être certain de leur accomplissement. Par contre si c’est par une personne de son sexe, outre qu’ils seront stériles, ils peuvent tourner à son détriment.

Si le jour de l’an tombe un dimanche, l’été sera sec et très beau, l’enfant qui nait ce jour là sera grand et deviendra riche, tandis que si l’année commence un lundi, l’année sera mauvaise ». Albert Ohl des Marais, ca 1920.

Dans nos publications :

Mémoire des Vosges n°3, 2001 : HISTOIRES DE NATURE : LE GUI Une plante qui relève et guérit la plupart des maux.

Pour en savoir plus :

Sur la Saint-Sylvestre et la nouvelle année sous le symbole du gui, c’est ici :

https://berianasso.wordpress.com/2022/01/01/%ef%bf%bcla-saint-sylvestre-et-la-nouvelle-annee-sous-le-symbolisme-du-gui/?fbclid=IwAR3t4UpX2jBkf4cQrNaiaj_EWPLwSKl9_AY-P0f3SeSNmaW4C1WSjE_MKfs

La Chandeleur le 2 février

« La veille de la chandeleur, l’hiver se passe ou prend vigueur »

« Les cierges bénis à la chandeleur, fête de la purification de la Vierge portent bonheur. Cette fête a une analogie frappante avec la fête païenne des lumières célébrée à Athènes en l’honneur de Cérès sous le nom de déesse d’Eleusis. […] La fête fortifie la piété de l’homme et lui apporte des consolations dans les maux qui l’affligent ici bas et lui font prévoir un avenir plus heureux, de passer après la mort à la félicité éternelle […] ». On peut voir dans ces croyances l’annonce de l’arrivée du printemps.

Dans les Vosges, pour avoir une meilleure récolte, on dansait sur les toits la nuit de la chandeleur.

 

Pour en savoir plus : « La Chandeleur : Ses origines, de l’ours à la lumière », c’est ici :

https://berianasso.wordpress.com/2021/02/01/la-chandeleur-de-lours-a-la-lumiere/

La Saint-Valentin le 14 février

« La Saint-Valentin est une très ancienne coutume conservée dans quelques localités des Vosges, et qui, dans l’origine, se rattachait étroitement à la fête de ce bienheureux ; c’est celle de donner les Valentins, c’est-à-dire d’assigner d’office, en public, un galant, propre à faire un mari, à toute fille ou femme en état d’entrer en ménage. Voici comment on l’observe encore de nos jours à Corcieux :
Le dimanche-gras, à l’issue des vêpres, le gros de la population se porte sur la place de l’église. Accourus les premiers, les conscrits de l’année vont d’un groupe à l’autre, graves, affairés, interrogeant du regard les jeunes filles et feignant de recevoir d’elles de mystérieuses confidences. Après ce prélude, ils se rassemblent autour des chefs qu’ils se sont donnés pour la circonstance, se partagent en deux bandes et envahissent, les uns à droite, les autres à gauche, deux maisons situées vis-à-vis l’une de l’autre, à l’entrée de la rue voisine. Presque aussitôt, on entend s’ouvrir dans chacune de ces maisons les fenêtres du premier étage, et, à travers les persiennes closes, s’établit le dialogue suivant :
– Donne qui donne !
– Donne qui donne !
– Je donne Pierre A... à Louise B...
– Je donne Léonard X... à Célestine Z...
– Je donne, etc.
Et les chefs des deux bandes s’envoient ainsi la réplique, jusqu’à ce que toutes les personnes de la commune, en âge et en situation de contracter mariage, y aient passé.

Cette énumération qu’assaisonne, de temps à autre, un grain de malice, n’est point abandonnée au caprice ou au hasard de l’inspiration, elle suppose une étude approfondie des faits et gestes des personnages, de leurs habitudes, de leurs inclinations. Aussi la liste des Valentins et des Valentines est-elle préparée de longue main. Mais tout le monde – il y a partout des timides et des gens à l’imagination lente – ne songe pas au mariage. Pourquoi ne viendrait-on pas en aide à ceux qui sont vraiment incapables de prendre une décision aussi importante de leur propre mouvement ? L’essai n’en coûte rien..., on le tente bravement. Et c’est ainsi, souvent, que d’un mariage pour rire sort un mariage sérieux, lequel ne tarde pas à être solidement noué par M. le maire et M. le curé.

Cependant, de recueillie et de silencieuse qu’elle se montrait au début, la foule est devenue peu à peu bruyante et agitée. De plaisants commentaires accompagnent les derniers appels de noms, les lazzis se croisent, les traits mordants, les bons mots se succèdent sans interruption. On n’en garde pas moins une réserve relative, une attitude suffisamment digne et décente, et quand, la liste des épouseurs épuisée, les curieux songent à regagner leurs demeures, ils le peuvent faire sans échange de horions.

Tout n’est pas terminé, cependant. L’heure va sonner bientôt pour les Valentins d’entrer à leur tour en scène, et de faire connaître leurs bonnes ou mauvaises dispositions. Celui qui est satisfait de son lot se met immédiatement en quête de la bouteille de vin ou de liqueur qui, le soir venu, devra gonfler sa pochette, quand il se rendra chez la compagne qui lui est échue. Ce tribut est strictement dû ; c’est ce que l’on appelle racheter sa fehhnotte, c’est-à-dire sa fiancée de carnaval. Celle-ci, qui s’attend à la visite du galant, a déjà dressé sur la table, pour le recevoir, d’appétissantes galettes. On s’assied, on mange, on boit, on trinque, et, après avoir devisé joyeusement, on va finir la soirée ensemble au bal public. Pour peu que l’accueil des parents ait été gracieux, le jeune homme se considère comme avant de droit, à partir de ce moment, l’entrée de la maison, et il ne tient plus qu’à lui de tirer parti de la situation.

Si le Valentin, au contraire, est mécontent du partage, il ne se gêne nullement pour aller chercher des distractions ailleurs que chez sa Valentine. La pauvre fille restera donc au logis, seule, ou à peu près seule, ce soir-là, car si quelque voisin indiscret lui apporte de banales consolations, elle sait ce qu’en vaut l’aune et ne les écoute guère. À quoi bon, d’ailleurs, s’arrêter à de pareilles taquineries ? Ne tient-elle pas sa vengeance en main ? Huit jours d’attente, pas plus, et rira bien qui rira le dernier.

Dans la soirée du dimanche suivant, le premier du carême, celui que dans le pays on appelle le jour des Bures, il est d’usage d’allumer de grands feux au milieu du village. Or, depuis un temps immémorial, ce sont les Valentines dédaignées, elles seules, qui entendent se charger de ce soin. Soyez assurés qu’aucune n’y manquera ; la plus vieille, comme la plus jeune, aura son feu à elle, et ce ne sera pas un vulgaire feu de joie que chacune de ces pauvres filles dressera et allumera de sa main, non ! mais un véritable bûcher, un bûcher tel que la justice implacable en réservait autrefois au châtiment des grands coupables. Tant pis pour l’homme qui lui a fait affront ! Il est voué aux flammes vengeresses, et, s’il n’est pas rôti en réalité, qu’il en rende grâce au ciel. Il sera brûlé, du moins, en effigie, sous la forme d’un affreux bonhomme de paille et d’osier. Quelle joie pour toute fehhnotte de préparer le supplice de l’ingrat, de jeter son ennemi dans le brasier, de l’y voir se tordre et de pouvoir lui dire, à ce moment, suivant la formule consacrée : « Mahhe pèce, t’és préféré in aute qué mi qui sos té fehhnotte ? Eh bé, mi, je m’fous de ti. Breûle, breûle donc, jus qué le derrère brin ! Qué j’te voisse plus dau mes eux ; qué j’poeïsse donner mé main à in autre sans regret ! »

« Mauvaise pièce, tu as préféré une autre (femme) à moi qui suis ta fiancée ? Eh bien, moi, je me f... de toi. Brûle, brûle donc, jusqu’au dernier brin ! que je (ne) te voie plus devant mes yeux ; que je puisse donner ma main à un autre sans regret ! »  L.-F. SAUVÉ, Le folklore des Hautes-Vosges, 1889.

 

Pour en savoir plus : La Saint Valentin, des Lupercales romaines aux Saudées de Lorraine

c’est ici : https://berianasso.wordpress.com/2021/02/13/la-saint-valentin-des-lupercales-romaines-a-la-tradition-amoureuse-vosgienne/

 Carte postale Ad. Weick, Saint-Dié, ca 1900

 

Le printemps

Cette jolie carte postale Weick nous annonce le printemps. C’est la fête du printemps et du renouveau, mais on devrait plutôt parler des fêtes du printemps. C’est une succession de fêtes qui commençait à la Chandeleur pour se terminer au 1er mai. Ces fêtes païennes très anciennes, qu’elles soient solaires ou lunaires, ont chacune leur particularité, mais elles annoncent toutes le retour de la lumière, la renaissance de la nature, le retour de la fécondité. Ces fêtes païennes sont reprises et assimilées par les chrétiens. Citons l’ensemble de ces fêtes : la Chandeleur, la Saint-Valentin, le Carnaval, la fête des Bures et des Brandons, l’équinoxe de printemps, l’Annonciation, Pâques et le 1er mai.


« À Pouxeux, le jour des brandons, les enfants, une fois le feu de la bure éteint (appelée chavoune), promenaient dans le village un petit char à deux roues qu’ils conduisaient avec toute la rapidité que peut permettre leur âge. Si l’on négligeait, une année, les roues flamboyantes, on verrait aussitôt les bestiaux attaqués de vertiges, de convulsion, danser dans les étables.

À Contz-les-Bains [pays de Sierck], on lançait à la nuit tombée des roues entourées de paille enflammée (appelées roues de fortunes), quand la roue arrivait à tomber dans la Moselle, la vendange était abondante et rentrée sans accident ». Alban Fournier B.S.P.V., 1890-91.


Cette coutume des Bures (feux) et des Brandons (torches) est clairement une fête de la lumière, les roues enflammées du char sont une représentation du disque solaire. Pourtant ce n’est pas seulement une fête, c’est un rite de protection : négliger d’allumer des feux, de lancer des roues enflammées, c’est prendre le risque de la maladie, de compromettre les récoltes.

Pour en savoir plus sur les fêtes du printemps c’est ici :

https://berianasso.wordpress.com/2021/03/20/aux-origines-des-celebrations-du-printemps/

https://berianasso.wordpress.com/2021/02/20/le-dimanche-des-bures-et-des-brandons/?fbclid=IwAR0Wy1c1ldZCG65sj-1MgeyUEnFtwUb0u5VZJ-feeSHZBcG96MVOUe4Af1Y

 

Carte postale Ad. Weick n°1265, Saint-Dié, ca 1900.

 

Pour plus d’information dans nos publications voir :

Brandons (Jour des), premier dimanche de Carême. Coutumes populaires lorraines relatives à cette fête, xvi, p. 155 à 160 ; xxi, p. 86. – A Nancy, xvii, p. 9, 10. – A Nancy en 1699, son récit, xxxiii, p. 129, 130.

Bures. Feux allumés à la Saint-Jean et au jour des Brandons, xvi, p. 151, 155 ; xix, p. 320 à 330. – Remiremont, xx, p. 54 à 56. – Du feu de joie ou fouailles, lxxxvi, p. 180 à 183. – Du murus gallicus à l’à-pic Nord, lxxxvii, p. 45 ; objets découverts, p. 49 à 51 ; plan relief de la porte nord, p. 52 ; poterne ouest, p. 55 ; exploitation des découvertes (publ.), p. 55, 56. – Traditions populaires et ordre public, xcix, p. 37 à 42. Dimanche des Bures ou des Brandons dans les Vosges et beignets de Carnaval, MDV 8, p. 29.

Charivaris. Traditions populaires et ordre public, xcix, p. 31 à 37.

Coutumes. Du Carnaval en Lorraine, vi, p. 81, 82. – Voy. Traditions populaires. – De Lorraine et de Bar, ouvrages du 16e s, lix, p. 72.

Mai (Mois de). Coutumes et traditions populaires lorraines relatives à ce mois, xvi, p. 162 à 165, 172 ; xix, p. 325, 326.

Œufs. Et les traditions populaires, xvi, p. 241 à 243.

Les chants du mois de mai

« C’est une vieille coutume des Vosges qu’il nous faut vite recueillir avant qu’elle ne s’efface ; elle offre du reste différentes particularités curieuses. Cinq ou six fillettes toutes fleuries et enrubannées s’en vont de porte en porte en chantant le Trimazo ou chanson de mai, dont le refrain est invariable. Il n’en est pas de même des couplets, qui se composent de cancans sur tous et sur chacun. Cette petite chronique de village ainsi débité par les chanteuses, qui sont aussi des quêteuses, se termine par un couplet de remerciement pour ceux qui leur ont fait largesse, sinon ces villageoises naïves ne manquent pas d’ajouter :

J’ons bien chanter, j’déchantons,

Je déchantons en et souhétons

Dans la maison autant d’enfants

Que nids d’pierrots dreha les champs

Ni pain ni les pattes à leur bayer

Co le mai, le joli mois de mai ! » Le journal illustré n°328, mai 1870, page 162.

 « Dans les Vosges, le 1er mai avant le lever du soleil, on répandait du sel à la porte des étables pour empêcher le sotret d’aller traire les vaches pendant la nuit.

À Saint-Dié, l’usage était, il n’y a encore pas si longtemps, de tendre en travers de certaines rues et principalement à la Rochotte (rue Saint-Charles), une corde au milieu de laquelle était suspendu une grande couronne en feuillage ornée de fleurs et parfois d’une statuette représentant Saint-Jean. Les jeunes gens des deux sexes venaient rondier (danser en ronde) le soir sous cette couronne et allaient ensuite en chantant rondier sous d’autres couronnes dans d’autres quartiers la gaieté présidait à ces chants et à ces danses qui se prolongeaient fort dans la nuit, cette coutume est très ancienne ». Albert Ohl des Marais, ca 1920.

 

Illustration légende : Dessin de Henri Valentin, les chants du mois de mai, ca 1850.

 Dans nos publications :

Mai (Mois de). Coutumes et traditions populaires lorraines relatives à ce mois, B.S.P.V. xvi, p. 162 à 165, 172 ; B.S.P.V. xix, p. 325, 326.

Dommartin-lès-Remiremont (Vosges). Coutume du premier mai et de mariage, B.S.P.V. xvi, p. 163, 164, 188, 189. – Trimazo de ce village, B.S.P.V. xix, p. 283 à 286, mus, p. 291. – Kyriolé, B.S.P.V. xx, p. 154 à 167, mus.

Mai (Roi-de-). Jour de fête traditionnelle pour les jeunes filles, Mémoire des Vosges n° 8, p. 31.

Et aussi : https://berianasso.wordpress.com/2021/05/01/le-1er-mai-des-fetes-anciennes-de-beltaine-et-de-walpurgis-en-passant-par-le-may-lorrain/

Halloween le 31 octobre   

Contrairement aux idées reçues, Halloween n’est pas une fête qui nous vient d’Amérique, mais de nos ancêtres païens, celtiques et germaniques dont certaines traditions ont perduré jusqu’au XIXe siècle comme nourrir les esprits en enterrant des fruits dans la terre, ou encore creuser des citrouilles lors de cette fameuse nuit de Rommelbootzen Naat (ce qui signifie en francique lorrain (Platt) : « nuit des betteraves grimaçantes »).

Pour en savoir plus c'est ici : https://berianasso.wordpress.com/2021/10/31/samonios-et-la-porte-des-mondes/


De la Toussaint le 1er Novembre au jour des morts le 2 novembre

Dans les Vosges la tradition populaire veut que c'est dans la nuit des trépassés que les morts sortent à minuit de leurs tombes, pour venir en longs suaires rappeler aux vivants qui les oublient, les prières dont ils ont besoin. Dans cette nuit de la Toussaint au jour des morts, à Fraize, à Plainfaing, au Bonhomme et à la Poutroie, aucun voiturier ni conducteur de voiture ne se mettra en route, car ils savent que les esprits malfaisants, démons, diables, sorciers et sorcières les y attendent. A La Bresse, Cornimont, Ventron, Thiefosse et dans la vallée de la Vologne, on évite de faire la lessive dans la semaine de la Toussaint si on ne veut pas avoir un mort dans la maison. On ne doit pas non plus cuire de pain le jour des morts, car au lieu de tirer de la braise, on tirerait des os de morts.

(Albert Ohl des Marais, manuscrit 202, 1930)

Pour en savoir plus sur les fêtes et traditions voir les  Mémoire des Vosges n°2, n°34 et n°43.

La Saint-Nicolas

La Saint-Nicolas, selon Albert Ohl des Marais, dans la région de Saint-Dié, dans les années 1920 :

« Le 5 décembre au soir à Saint-Dié et dans les villages environnants on voit le saint parcourir les rues, mitre en tête, crosse en main, portant chape [chasuble] et surplis en papier*. Devant lui marche le père fouettard, affreux bonhomme grimaçant, portant une hotte, brandissant des verges d’une main et parfois sonnant une clochette. L’un et l’autre entrent dans les maisons où se trouve des enfants. Si ces derniers ont été sages, le saint distribue des bonbons ou des récompenses quelconques, dans le cas contraire ce qui est très rare, c’est le père fouettard qui entre en jeu. En Alsace, la coutume est identique mais beaucoup moins pratiquée que de ce côté des Vosges ».

* à noter ce surplis en papier, au lieu d’une tunique blanche de toile fine.

 

illustrations :

Saint Nicolas à l’école de la rue du 10° B.C.P. de Saint-Dié, ca 1950.

Saint Nicolas à l’école de Robache de Saint-Dié, 1965.

 

Retrouvez saint Nicolas dans nos publications :

Bulletin de la S.P.V. : Joinville (Jean de), compagnon et historien de saint Louis, à propos de saint Nicolas de Lorraine, xiv, p. 71 à 102. St-Nicolas (Fête). En Lorraine, xxi, p. 91 à 93.  De l’église de St-Nicolas de Remiremont, xxviii, p. 267 à 287, Nicolas (saint), évêque de Myre, lxxiii, p. 91, 97. Le culte de saint Nicolas en Lorraine (Pierre Marot), lviii, p. 89.

   Mémoire des Vosges : St-Nicolas (Fête), jour de fête attendu ou redouté par tous les petits vosgiens, MDV 8, p. 32. La dévotion à saint Nicolas en 1583 et la contre-réforme en Lorraine, MDV 17, p. 55 à 60. Les boiseries (18e s) de la C. latérale de l’église paroissiale de Rambervillers, dédiée à saint Nicolas, MDV 17, p. 58, 59.  – St-Nicolas ancienne de l’église abbatiale d’Autrey, MDV 17, p. 29 et p. 60 (note n°2).

 Pour en savoir plus c’est ici :

https://berianasso.wordpress.com/2020/12/06/saint-nicolas-lhistoire-et-sa-legende-entre-christianisme-et-paganisme

https://berianasso.wordpress.com/2020/12/06/saint-nicolas-lhistoire-et-sa-legende-entre-christianisme-et-paganisme/

Coutumes de Noël

« Dans le temps où dans les Vosges on filait le chanvre et le lin, que l’on se servait des rouets et des quenouilles, les femmes la veille de Noël et avant d’aller à l’office de la messe de minuit devaient bien garer lesdites quenouilles, pour ne pas qu’elles soient mangées pendant cette cérémonie, par les rats et les souris. Avant d’aller à la messe de minuit et avant le réveillon, il était d’usage de mettre au foyer la plus grosse bûche. On ne quittait la table que quand cette grosse bûche était entièrement consumée. Chaque convive avait soin d’emporter un charbon provenant de cette bûche de Noël, qui placé sur la cheminée avait la propriété de préserver la maison des accidents de la foudre.

Avant d’aller à la messe de minuit, en Alsace, à la Bresse, au Tholy et à Vagney et dans les localités voisines, on dispose sur une table 12 oignons qui doivent figurer les 12 mois de l’année. On a soin de les fendre par le milieu et de les saupoudrer de sel. En rentrant après l’office, d’après le degré d’humidité de ces oignons, on pronostique les mois qui seront humides ou secs de la future année. À la Bresse, Cornimont, Fresse et Saint-Maurice-sur-Moselle, au Val d’Ajol, avant d’aller à la messe on a soin de donner à manger aux bestiaux, qui pendant l’office nocturne se lèvent et conversent ensemble.

À Gérardmer, au Tholy, et à la Bresse, le vent qui souffle pendant cette messe sera le vent qui dominera pendant toute l’année suivante. À Vagney et à Gerbamont on est persuadé que les personnes qui communient à la messe de minuit et qui le jour de Noël assistent à trois messes n’ont rien à redouter ni des fantômes, ni des revenants et qu’elles peuvent entreprendre de longs voyages, sans aucune crainte d’accident.

Quand le jour de Noël tombe un vendredi et que l’on fait gras ce jour-là on est exposé à avoir des accidents qui peuvent être funestes ». Albert Ohl des Marais, ca 1920.

 

 Gravure représentant une célébration de Noël dans une famille alsacienne au XIXe siècle.

 

Retrouvez Noël dans nos publications :

Bulletin de la S.P.V. : Noëls, trimazos, chansons de noces, kyriolés, xvi, p. 142 à 144, 146 à 148, 163, à 165, 188, 189 à 197. – Noëls, vieux et nouveaux. Cantiques de 1759, à Nancy, xcix, p. 124 à 129.

Mémoire des Vosges : Tante Arie (ancêtre du Père Noël), fée topique. Sa légende est à rapprocher du site de l’Aurichapelle connue des habitants de la Basse-Verrière (Pays de Bruyères), MDV 2, p. 11.

 

Pour en savoir plus :

Aux origines du Père et de la Mère Noël, une histoire aussi vieille que la mythologie germanique :

https://berianasso.wordpress.com/2021/12/15/aux-origines-du-pere-et-de-la-mere-noel-une-histoire-aussi-vieille-que-la-mythologie-germanique/

La fête du solstice d’hiver, le Noël originel :

https://berianasso.wordpress.com/2020/12/21/la-fete-du-solstice-dhiver-le-noel-originel/