01-12-2022

08-11-2020

Actualité

30-09-2022

L’usine à gaz de Saint-Dié


En ces temps de crise de l’énergie et de crise climatique pourrait-on rêver à un monde meilleur ?

Le journal l’Estafette du mardi 7 décembre 1909 annonce à ses lecteurs une importante baisse de prix sur le coke qui sert à fabriquer le gaz et dans une autre publicité, une baisse importante du prix du carbure de calcium qui sert à la fabrication de l’acétylène pour l’éclairage. Mais quel est ce monde merveilleux ou les prix de l’énergie sont en baisse ! On append de plus, que cette énergie est produite localement sans nul besoin de l’importer. Le gaz est fabriqué dans l’usine à gaz, ici de Saint-Dié, mais d’autres villes en possédaient également. Et Charles Tisserand fournisseur d’acétylène à Saint-Dié, dit que c’est le « pétrole national » et que le carbure de calcium est produit dans les « Usines Françaises (marque tricolore) ». La publicité va plus loin en affirmant que le coke est une énergie propre.  On ignore tout à cette époque de l'importante pollution atmosphérique et des complications du gaz à effet de serre de ces productions d’énergie, comme on ignore les problèmes de santé des mineurs de charbon.

Au 19e siècle, une usine à gaz dans une petite ville qui s’industrialise devient nécessaire. Le 16 juillet 1864, le conseil municipal de Saint-Dié accepte les conditions du sieur Saglio, de Strasbourg pour l’éclairage de la ville au gaz et choisit l’établissement de l’usine sur le terrain derrière les Tanneries, quartier en aval du grand pont au bord gauche de la Meurthe. Avant d’être assuré par l’électricité l’éclairage public ou privé provient du gaz. Celui-ci constitue également une source de chaleur. On commence à s’éclairer, se chauffer, cuisiner autrement que depuis des siècles. Le gazomètre de l’usine à gaz va trôner au centre du paysage urbain jusqu’à sa démolition en 1970. Le progrès important apporté par cette énergie nouvelle ne sera pas sans apporter de nombreux problèmes. La fée électrique qui remplace le gaz nous en apporte aujourd’hui d’autres...

                                                                                                                               T.C.

                                                                                                                   

Pour en savoir plus sur l’usine à Gaz de Saint-Dié et ses conséquences voir :

GAZ DE HOUILLE. Une usine à gaz à Saint-Dié, Mémoire des Vosges n°16, 2008, p. 21 à 26.

https://www.philomatique-vosgienne.org/uploads/bons-de-commande/16.pdf

Également dans nos publications :

GAZ. Bibliogr., LXIV, p. 35. – Arrivée du gaz de Hollande, LXXIV, p. 217. – Démolition de la cloche à gaz de St-Dié, LXXIV, p. 223. – A huile de schistes, essence minérale et acétylène, pour lampes suspensions des ateliers Cartier-Bresson de la vallée de Celles-sur-Plaine à la fin du 19e s, LXXXII, p. 105.