08-11-2020

12-10-2020

Actualité

31-10-2020

À propos du 11 novembre 1918 à Saint-Dié


Les fêtes et anniversaires rythment et structurent la vie familiale, sociale et publique.Les commémorations des grands évènements historiques s’inscrivent dans le calendrier des nations et en perpétuent la mémoire. Les commentaires officiels qui les habillent peuvent aujourd’hui paraître de plus en plus creux, ou, au minimum déconnecté.

La crise économique et accessoirement sanitaire que traverse le monde, amène à une remise en cause de toutes les habitudes et bouleverse les traditions bien établies dont le sens se perdait déjà.

Le 11 novembre 1918, l’armistice est accueilli à Saint-Dié, comme partout ailleurs, avec un immense soulagement malgré les questions et les deuils. Les cloches, muettes depuis longtemps, résonnèrent à nouveau à midi. Les sirènes de l’hôtel-de-ville hurlèrent pour annoncer autre chose, cette fois, qu’une alerte aérienne. La journée, d’un concert du 248e RI à une retraite aux flambeaux dans une ville illuminée, se déroula dans une liesse populaire ramenant aux souvenirs de la période de l’avant-guerre.

Paradoxalement, on ne dispose que de peu de photographies de ce moment exceptionnel. Le temps, brumeux et froid une bonne partie de la journée, était peu propice à la prise de vue. Il fallait aussi, pour les photographes amateurs de l’époque qui n’étaient pas aux armées, choisir entre vivre cet instant privilégié ou le fixer pour l’avenir. Pourtant quelques images existent dont certaines inédites issues des archives du pharmacien -photographe Jean Blaire. Ainsi, voit-on, place Saint-Martin des femmes, des hommes, des enfants et des militaires exprimant une joie toute en retenue. Ce cliché où figure peut-être Jean Blaire, enfant (-il avait 13 ans en 1918-), des membres et des proches de sa famille, a été pris devant la pharmacie régionale. On distingue, à gauche, l’entrée de la rue de la Prairie et l’immeuble occupé aujourd’hui par la communauté d’agglomération.

Jean Blaire, rappelons-le, est décédé en 1990. À défaut d’une petite exposition qui aurait pu lui être consacrée(remise comme bien d’autres manifestations prévues), un clin d’œil s’imposait.

Jean-Claude Fombaron